Miss Weather a des problèmes de circulation d’air en ce moment. « Mets tes rots au logis, reste donc chez toi ! » l’enjoint-on régulièrement. Rien n’y fait,
sa forme est déplorable. Il faut dire qu’elle est en dépression. Miss Weather se sent si mal qu’elle pleure continuellement, sans arrêt, jour et nuit. Son moral est nuageux… «Ciel, y a plus
d’saisons ! » marmonne-t-elle ! Sa température est également anormale, elle a le front froid…pendant longtemps, ses médecins ont dit qu’il n’y avait pas précipitations, qu’on avait
le temps. Aujourd’hui, l’inquiétude gagne, ce n’est plus seulement une tempête dans un bocal. On aimerait pouvoir souhaiter bon vent à Miss Weather, cela ne servirait à rien. Quand son esprit est
orageux, ce n’est pas un coup de foudre qui y changerait quelque chose. Au contraire. Il faudra s’y habituer, Miss Weather n’est plus la même. Ce n’est pourtant pas qu’elle soit une girouette.
Elle n’y peut rien, Miss Weather. On lui pompe l’air, on change son atmosphère. Pauvre Miss Weather…elle s’est mise à boire, traine les bars en compagnie d’un certain Pascal Hecto. Comme ça, et
même si il arrive que le climat soit électrique, elle relache la pression.
Il faut
savoir avouer quand, parfois, le réservoir à idées est vide. La panne sèche. Ca pompe d’en arriver là, ça fait marrer noir mais c’est fréquent ! On a tellement peur d’être bidon qu’on
préfère rester à quai plutôt que d’essayer d’atteindre la prochaine station. On se doit pourtant de remettre du carburant dans le moteur à
écrire…encore faut-il le trouver, cet or noir ! Repérer une nappe. Monter un puits. Brancher un oléoduc…il en va de l’essence même de ce qu’on va rédiger ! Néanmoins, tout ne se huile
pas aussi facilement et il arrive souvent que le résultat soit loin du raffinement escompté. Il faut alors accepter qu’on n’a ni pétrole, ni idées…et enfin réfléchir à éviter tout gaspillage en
ayant conscience que tôt ou tard la source sera tarie.