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N 78
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Hameau à mots
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Si je vois de la lumière chez un mot, je frappe et j'entre. J'y vais aussi par
effraction mais j'essaie de faire comprendre au propriétaire que je ne lui veux aucun mal! Les mots ont une particularité, ils portent leur boîte aux lettres sur eux. Il arrive que les
mots habitent à plusieurs, j'aime bien me mettre à leur table, on parle à mots couverts. Parfois, les mots se reproduisent entre eux, on dit qu'ils ont des rapports textuels. Je milite
activement dans l'association Droit au Logement de Mots puisque beaucoup d'entre eux vivent dans les champs lexicaux. Pour ceux qui ont un toit, je ne vous explique pas les règles
orthographiques ou grammaticales de co-propriété qu'ils s'imposent. On envoie à ceux qui ne les respectent pas un tueur à gage, l'effaceur, qui dégomme les contrevenants. Certains mots habitent
dans des maisons dernier cri au design très particulier, ce sont les néo-logismes. Enfin, n'oublions pas tous ces mots qui vivent au fil de l'eau et qui jettent l'encre.
D'autres visiteurs de mots m'inspirent beaucoup...Thomas Fersen, Vincent Roca, Coluche, Pierre Desproges, Raymond
Devos, Daniel Piccouly, Erik Orsenna, Albert Jacquard, Philippe Geluck, Georges Brassens, Christian Olivier, Bill Watterson, René Goscinny, Robert Desnos, Jacques Prévert, Alphonse
Allais...il m'arrive de leur demander leur passe-partout mais ça ne marche pas toujours et je trouve porte close.
Qu'est obligée de faire une personne muette quand elle écrit à un ami aveugle?
"Les sondages
empirent, monsieur le président!
A la ville, la rue râle…préférons le rural à la ville ou tout au moins mettons-le en avant. Kent en a bien fait une chanson…Faisons comme lui : « Allons
à la campagne… ». La charrue est bien accrochée derrière les bœufs et le sillon creusé n’aura d’autre prétention que de mettre en exergue toutes les belles valeurs de la terre. Devant ce
monde, l’imagination ne peut être que fertile. Laissons-nous donc tracter, sautons par dessus haies et barrières. Courrons à travers prés et champs. Enfin nous arrivons au cœur d’une
exploitation, sans en faire tout un foin. Certains citadins n’ont pas de mots assez durs pour définir les habitants de ces lieux…leurs nourrisseurs. Ploucs. Bouseux. Quelle injustice ! Sans
les paysans, ils seraient sur la paille…Les hommes de terre méritent plutôt une moisson de superlatifs (surtout ceux qui oublient les pesticides) et l’on devrait leur cultiver une vraie, sincère
reconnaissance. Ovins. Bovins. Porcins. Volailles. Œufs. Légumes et fruits. Lait et céréales. Alors ? Nous devons prendre conscience que notre baguette de pain ne sera jamais Made in China (du
moins c’est à espérer) et que le monde quel qu’en soit l’endroit, ne tourne plus très rond sans ces mains si riches pour les autres. Que vive l’agriculture ! Vive les
agriculteurs !
Y sont fous ces animaux!
Ce n’est pas que je n’aie plus les dents longues, que je ne possède plus une faim de loup
d’écrire…je me suis seulement retrouvé entre chien et loup, le soleil de ma plume s’est couché quelques temps, remplacé par une lune pâle, sans encre. J’aurais eu beau hurler que je n’aurais pas
réussi à me faire entendre. Heureusement pour moi, scrutant l’astre de la nuit, la lycanthropie m’a pris, m’aidant à devenir pour quelques instants de nouveau, prédateur de mots. J’en conviens,
utiliser les mots, ce n’est pas les attaquer, ni les jeter dans la gueule du loup. Il vaut mieux y aller à pas de loup justement, sans bruit, ne pas les brusquer car c’est un gibier
délectable…qu’on ne chasse pas à tout prix. Qu’il est bon de se « Grimm-er », parcourant toutes ces histoires de chaperon, de cabris…A cela une conclusion : il faut les transmettre
car : les bons contes font les bons écrits !
Ce qui est bizarre avec certains hommes politiques c'est qu'ils disent parler à bâtons rompus et pourtant la langue de bois prime presque
toujours. Souhaitons-leur quelques bûches!
"Si tous ceux qui croient avoir raison n'avaient pas tort, la vérité ne serait pas loin." Extrait de l'Os à
moëlle.
Lorsque Rimbaud écrit "le bateau ivre", est-ce le poète qui s'accroche aux vers ou est-ce le poème qui l'arrime?